Le ministre-candidat à la présidence Yves Christalin a remis sa démission
  Le ministre des affaires sociales et du travail, Yves Christalin, candidat à la présidence sous la bannière de « LAVNI » (L’Avenir), a formellement remis sa démission jeudi au chef du gouvernement, Jean Max Bellerive, pour se consacrer entièrement à sa campagne électorale. L’information a été confirmée pour Radio Kiskeya par le chef de cabinet du ministre, Me Newton Saint-Juste, qui a promis de rendre publique la lettre de démission.

Membre-fondateur de la plateforme présidentielle INITE (Unité), M. Christalin avait résolu de se porter candidat sous la bannière d’un groupement politique issu de Lavalas au lendemain du choix de Jude Célestin par le président René Préval comme candidat à la présidence de ladite plateforme.

Cette décision lui a valu de sérieuses critiques, autant qu’au Conseil Electoral Provisoire (CEP) qui a agréé sa candidature, du fait qu’il n’avait pas préalablement démissionné de son poste. Dans le camp de Christalin, on a tenté d’expliquer que la Loi ne l’y contraignait point. Ce à quoi l’opposition a répondu qu’il s’agit d’une question d’éthique.

Dans les dernières 48 heures ayant précédé l’annonce officielle de la démission, le bruit avait couru que M. Christalin était en conflit ouvert avec le chef de l’Etat et le ministre des Finances au sujet de la décision d’augmenter de plus de 100 millions de dollars le montant des fonds alloués à des travaux d’infrastructure et de la diminution de l’enveloppe budgétaire allouée à son Ministère. Le ministre-candidat avait formellement démenti ces rumeurs dans une interview accordée mercredi à Radio Kiskeya.


Des kidnappeurs exécutent à Port-au-Prince un fonctionnaire américain

La dépouille de Ronald Chéry, un américain d’origine haïtienne travaillant pour le ministère américain de l’intérieur (Homeland Security), tué à Port-au-Prince le week-end dernier lors d’un kidnapping, devrait être rapatriée incessamment en Floride.

Agé d’une cinquantaine d’années, la victime a été abattue d’une balle à la tête vendredi soir dans la résidence de sa famille à Pèlerin 8, un quartier de Pétion-Ville (banlieue est de la capitale) alors qu’elle tentait de s’opposer à l’enlèvement d’une adolescente de 16 ans par des inconnus armés.

Les terroristes seraient devenus fous de rage et auraient décidé d’exécuter M. Chéry après qu’il se fut identifié comme un fonctionnaire du gouvernement américain en exhibant son badge.

Quant à la jeune fille, son sort restait suspendu jusqu’à lundi soir à des négociations très difficiles avec ses ravisseurs dont les exigences financières étaient particulièrement élevées.

Ronald Chéry, qui passait régulièrement ses vacances en Haïti, était rentré au pays il y a environ une semaine.

Dépitée devant l’horreur du crime, sa famille a décidé de rapatrier son corps et d’organiser ses funérailles aux Etats-Unis en accord avec les autorités américaines.

La semaine dernière, la police judiciaire avait présenté à la télévision de présumés membres d’un gang de la Croix-des-Bouquets spécialisé dans les rapts crapuleux.

Le kidnapping, qui a explosé après la chute d’Aristide, en 2004, n’est toujours pas maîtrisé malgré des annonces régulières de la Police Nationale et de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) relatives aux efforts visant à endiguer le phénomène.


Offensive tous azimuts des avocats de Wyclef Jean

Le conseil de défense de Wyclef Jean a annoncé mardi avoir décidé de saisir différentes instances judiciaires nationales et internationales du dossier du célèbre chanteur de hip-hop dont l’exclusion des prochaines présidentielles par le Conseil électoral provisoire est qualifiée de "grave violation de la constitution et des droits humains".

L’affaire sera portée par-devant la Cour de cassation, la plus haute instance du système judiciaire haïtien, la Cour supérierure des comptes et du contentieux administratif et la Cour interaméricaine des droits de l’homme, a indiqué lors d’une conférence de presse Me Jean Renel Sénatus, l’un des avocats du candidat évincé.

"Sur le plan interne, le recours en cassation est recevable", a avancé le représentant de la défense pour qui son client a été victime de la décision arbitraire du CEP de le mettre à l’écart sous prétexte qu’il n’aurait pas résidé cinq années de suite au pays malgré la présentation d’une attestation de résidence.

"Le juge électoral a posé un acte violateur des droits de la personne humaine", s’est emporté l’avocat devant le verdict du Bureau du contentieux électoral national (BCEN) défavorable à Wyclef Jean après que celui-ci avait eu gain de cause précédemment contre ses contestatataires au Bureau du contentieux électoral départemental (BCED).

Me Sénatus rappelle que la partie adverse n’avait jamais pu démontrer que le juge de paix de la Croix-des-Bouquets (nord-est de la capitale), commune natale de Wyclef Jean, lui avait délivré un faux certificat de résidence.

Pour sa part, l’ancien président de la Chambre des Députés, Pierre Eric Jean-Jacques, dirigeant du parti "Viv Ansanm" qui avait endossé la candidature du musicien, a qualifié de "décision politique" l’exclusion de l’intéressé.

Estimant que le BCEN n’a fait qu’exécuter des instructions passées en haut lieu contre la présence de Wyclef Jean dans le processus électoral, l’ancien parlementaire en appelle à la "conscience" des hommes et des femmes, en particulier des jeunes, pour éviter le pire à Haïti.

Rentré lundi aux Etats-Unis où il vit depuis l’âge de neuf ans avec sa famille, l’ex-leader des Fugees a décoché des flèches contre le CEP pour avoir, soutient-il, "violé la constitution et ses droits" après une première intervention dans laquelle il avait accepté le rejet de sa candidature.

Sur fond d’incertitudes diverses, même sur le sort de l’institution électorale, les haïtiens sont appelés à élire le 28 novembre prochain un Président, 11 Sénateurs et 99 Députés.


19 candidats retenus pour les présidentielles de novembre

  La candidature aux présidentielles haïtiennes de la star internationale du hip-hop, Wyclef Jean, 40 ans, a été rejetée par le Conseil électoral provisoire (CEP), selon la liste définitive des compétiteurs habilités à participer aux élections rendue publique vendredi soir et sur laquelle figurent 19 des 34 prétendants qui s’étaient fait inscrire.

Voici la liste complète des candidats agréés et autorisés à faire campagne en vue des présidentielles du 28 novembre :

1.- Axan Abellard, Konbit Nasyonal pou Devlopman Ayiti (KNDA)

2.- Jacques-Edouard Alexis, Mobilisation pour le Progrès d’Haïti (MPH), ancien Premier ministre de René Préval (1998-2001 et 2006-2008)

3.- Jean Hector Anacacis, Mouvement pour le Développement de la Jeunesse Haïtienne (MODEJHA), Sénateur de l’ouest

4.- Charles Henry Baker, Respè

5.- Josette Bijoux, Indépendante, ancienne ministre de la santé publique (2004-2006)

6.- Gérard Blot, Plateforme 16 Décembre

7.- Jean Henry Céant, Renmen Ayiti

8.- Jude Célestin, INITE, ex-directeur général du Centre national des équipements (CNE)

9.- Eric Charles, Parti de l’Evolution Nationale Haïtienne (PENH), ancien directeur de la douane de Port-au-Prince

10.- Yves Cristalin, Oganizasyon Lavni, ministre des affaires sociales encore en fonction

11.- Mirlande Hyppolite Manigat, Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), ancienne Sénatrice

12.- Garaudy Laguerre, Wozo

13.- Michel Martelly alias "Sweet Micky", Repons Peyizan

14.- Yvon Neptune, Ayisyen pou Ayiti, ex-Premier ministre de Jean-Bertrand Aristide (2003-2004)

15.- Wilson Jeudy, Force 2010, actuel maire de Delmas (banlieue nord-est de Port-au-Prince)

16.- Pasteur Chavannes Jeune, ACCRHA

17.- Leslie Voltaire, Ansanm Nou Fò, ex-ministre des haïtiens vivant à l’étranger et de l’éducation nationale

18.- Léon Jeune, Konbit Liberasyon Ekonomik (KLE), ancien secrétaire d’Etat à la sécurité publique

19.- Génard Joseph, Groupement Solidarité

Exclu de la compétition pour n’avoir pas résidé cinq années consécutivement en Haïti, comme l’exige la constitution, Jeannel Wyclef Jean, qui tentait de se présenter à la magistrature suprême sous la bannière du parti "Viv Ansanm" (Vivre Ensemble), se trouve en tête des quinze candidats évincés parmi lesquels on compte également l’oncle du chanteur, Raymond Alcide Joseph, ex-ambassadeur d’Haïti à Washington, la mairesse de Pétion-Ville (banlieue est de la capitale), Claire Lydie Parent, Dr Kesler Dalmacy, un médecin très connu dans la communauté haïtienne de New York, Lavarice Gaudin, activiste Lavalas de la Floride, et l’homme d’affaires Charles Voight.

Toutes les décisions de l’institution électorale sont sans appel et ne peuvent par conséquent faire l’objet d’aucun recours, selon la législation en vigueur.


Voici la liste des candidats rejetes

Wyclef Jean (Viv ansanm)

Raymond Joseph Alcide (PDI)

Claire-Lydie Parent (Kombit pou refe Ayiti)

Jean Bertin (Parti socialiste haïtien)

Duroseau V. Cluny (Indépendant)

Olicier Pieriche (Parti reconstruire Haiti) 

Kesler Dalmacy (Independant)

Eugène Jacques Philippe

Paul Arthur Fleurival (Voisinaj)

Armand Pierre Camaud (PPL)

Christophe H. Jean Bertin (Parti socialiste haïtien)

Gaudin Lavarice (VEYE-YO)

Saint-Fort René (Parti Réformiste National)

Voight Charles HenrY (Indépendant)

Rodriguez Mario Eddy Gabriel (Indépendant)