Haïti-Economie : 2009 s’ouvre avec une nouvelle baisse des prix des produits pétroliers

L’année 2009 s’ouvre en Haïti avec une nouvelle baisse, enregistrée le 31 décembre 2008 sur deux des produits pétroliers distribués sur le marché national.

Le gallon de kérosène, plus connu sous le nom de gaz blanc ou gaz domestique très utilisé par les ménages en Haïti, passe de 104.00 à 84.00 gourdes sur le territoire national dès le dernier jour de l’année écoulée, suivant la structure de prix rendue publique le 29 décembre 2008 par le ministère de l’économie et des finances et consultée par l’agence en ligne AlterPresse [US $ 1.00 = 40.50 à la fin de 2008].

Parallèlement, le gallon de gazoline 91, qui était débité à 129.00 gourdes, se vend désormais à 109.00 gourdes.

Déjà, le tarif d’une course ordinaire de taxi est maintenant de 13 gourdes au lieu de 16 gourdes auparavant.

"Si le tarif de la course atteint les 10 gourdes avec une autre baisse des prix à la pompe, nous serons en mesure de trouver plus de passagers et donc de gagner davantage de revenus", souhaite un chauffeur de taxi travaillant dans la zone métropolitaine de la capitale.

Les prix pour le gallon de gasoil, qui se vend à 109.00 au lieu de 117.00 gourdes depuis le 26 décembre, et pour celui de la gazoline 95 - acheté à 134.00 au lieu de 149.00 gourdes depuis le 22 décembre 2008 - restent inchangés.

Les nouvelles baisses des prix des produits pétroliers devraient soulager les familles qui doivent débourser beaucoup d’argent pour le transport public de leurs enfants appelés à reprendre le chemin de l’école durant la première semaine de janvier 2009, après la trève des fêtes de fin d’année 2008.

Il y a quelques semaines, les autorités nationales ont fixé de nouveaux tarifs pour les transports publics à l’échelle du territoire national.

Cependant, profitant de l’enthousiasme de nombreux habitants du pays à se rendre dans leurs villes ou localités d’origine en province, certains conducteurs de transports en commun ont décidé d’augmenter le tarif des trajets. Ce qui a suscité de vives altercations avec passagères et passagers voulant retrouver leurs parents en province pour les fêtes de fin d’année 2008.

Depuis quelques semaines, suite à la réduction de prix du 15 décembre 2008, il est difficile de s’approvisionner en gazoline 91 dans plusieurs stations d’essence, sans aucune explication des distributeurs de produits pétroliers.

"La gazoline 91 sera disponible pendant la première semaine de janvier 2009", tente de rassurer un pompiste de Port-au-Prince, interrogé par AlterPresse.

Du 5 novembre au 31 décembre 2008, les prix pour l’ensemble des produits pétroliers, disponibles sur le marché national, ont subi des variations successives à la baisse.

Pendant cette période, le gallon de kérosène, qui atteint les 84 gourdes aujourd’hui, a subi des réductions successives : de 131.00 en passant par 113.00 et 104.00 gourdes.

Le gallon de gasoil, vendu à la pompe à 109.00 gourdes, était de 150.00, puis de 135.00 et de 117.00 gourdes.

Le gallon de gasoline 91, maintenant à 106.00 gourdes, était vendu à 174.00, puis à 144.00 et 129.00 gourdes.

Le gallon de gazoline 95, aujourd’hui à 134.00 gourdes, était débité à 247.00 gourdes, ensuite à 176.00 et à 149.00 gourdes.

Globalement, c’est à partir d’octobre 2008 que les baisses des prix du carburant sur le marché international ont été répercutées sur le marché national. Acquis à plus de 160.00 dollars américains il y a quelques mois, le baril de pétrole se trouve aujourd’hui au-dessous de 40 dollars.

Les nouveaux prix, affichés à la pompe le 31 décembre 2008 en Haïti, devraient induire des baisses proportionnelles sur d’autres prix de biens essentiels, espèrent les consommatrices et consommateurs.


Fraude pyramidale aux USA : 23 millions de dollars volés à des haïtiens

    La Commission américaine des opérations de bourse (SEC) a annoncé mardi à New York avoir stoppé une fraude pyramidale qui a fait perdre 23 millions de dollars à plusieurs milliers d’haïtiens, rapportent l’AFP et la presse américaine.

Se prévalant d’une grande expertise sur les marchés d’actions et d’obligations, l’auteur présumé de cette fraude gigantesque, George Theodule, avait promis à chacun des actionnaires un retour sur investissement de 100%. Ce profit devait se matérialiser 90 jours après les placements effectués à travers deux sociétés bidons Creative Capital Consortium et A Creative Concept.

Selon la SEC, les recettes générées par Creative Capital étaient en principe destinées à la création de nouvelles entreprises au bénéfice de compatriotes vivant tant aux Etats-Unis qu’en Haïti ainsi que de communautés de la Sierra Leone (Afrique de l’ouest).

Le gendarme de la bourse américaine chiffre à 18 millions de dollars les fonds que M. Theodule a perdus sur les marchés boursiers pour la seule année 2007, période d’initiation de cette folle aventure financière.

Comme dans tout système pyramidal, l’escroquerie consistait à rémunérer les premiers investisseurs avec l’argent des nouveaux arrivants.

Par ailleurs, George Theodule est accusé d’avoir détourné au moins 3,8 millions de dollars au profit de lui-même et de sa famille.

"Ce schéma de Ponzi présumé visait à leur insu les membres d’une communauté unie, visant à exploiter la confiance qu’ils avaient les uns envers les autres", a déclaré une responsable de la SEC, Linda Chatman Thomsen.

Les deux sociétés du présumé arnaqueur ont été placées lundi sous tutelle par un juge fédéral de Miami (Floride).

Cependant, aucune information n’était encore disponible sur le sort qui l’attend pour avoir ruiné des haïtiens qui croyaient pouvoir faire multiplier leurs avoirs sans rien comprendre aux mécanismes de la fraude.

Cette nouvelle affaire arrive au moment où la SEC fait l’objet de graves accusations de passivité face au scandale financier du siècle réalisé par l’investisseur américain Bernard Madoff. Celui qui était, jusqu’à tout récemment, un prestigieux acteur des marchés financiers avait révélé avoir englouti 50 milliards de dollars le jour de son arrestation, le 11 décembre dernier.

Des dizaines de milliers d’haïtiens s’étaient déjà fait piéger en 2002/2003 lorsqu’ils avaient massivement confié leur agent à des coopératives financières qui leur avaient promis 10 à 12% d’intérêt mensuel avec la bénédiction du Président d’alors, Jean-Bertrand Aristide. Cette vaste escroquerie, qui a dégénéré en conflits et batailles judiciaires non résolus jusqu’à aujourd’hui, a été à l’origine de suicides et de la ruine de nombreuses familles.

La plupart des dirigeants des coopératives continuent de se la couler douce en terre étrangère avec les avoirs des sociétaires escroqués.


Scandale financier de Port-de-Paix : le sénateur Beauplan contre attaque et menace

Le 1er sénateur du Nord-Ouest, Evallière Beauplan, élu sous la bannière du parti politique PONT, a exigé lundi des excuses publiques de l’organisation Police Chaplain International (PCI) si celle-ci n’arrive pas à prouver qu’il a bel et bien reçu une somme de 20 mille dollars qu’on prétend lui avoir réservé dans les millions découverts le 12 novembre dernier lors d’une perquisition dans une affaire de drogue.

Dans une interview accordée lundi à Radio Kiskeya, le parlementaire a exprimé sa satisfaction des rectifications apportées par certaines autorités au sujet de leurs précédentes déclarations sur le dossier. Il déclare maintenant s’attendre à ce que la PCI en fasse autant, « si elle ne veut pas courir le risque d’un procès ».

Le rapport attribué à la PCI dont plusieurs médias disposent de copies, cite nommément le substitut du commissaire du gouvernement de Port-de-Paix, René Moïse, qui aurait affirmé que 20 mille dollars avaient été réservés pour le sénateur Beauplan dans le cadre du partage de l’argent trouvé chez l’oncle du trafiquant de drogue Alain Désir incarcéré aux Etats-Unis.

« Mon statut de sénateur en prend un coup encore plus sérieux quand j’entends dire que, sur près de 32 millions de dollars découverts, on m’aurait réservé seulement 20 mille dollars », a déclaré ironiquement le parlementaire, sous-entendant qu’il vaudrait beaucoup plus que cela s’il était impliqué dans la corruption.

« Une chose est de prétendre qu’on m’aurait réservé de l’argent. C’en est une autre d’établir que j’ai reçu quoi que ce soit », a déclaré Beauplan.

Depuis la circulation dans la presse du rapport attribué à la PCI, l’affaire de Port-de-Paix n’arrête de faire des vagues. Du côté des prétendus auteurs du « pillage » de la colossale somme trouvée lors de la perquisition, c’est le déni total. Personne n’assume y avoir participé alors que l’ex-doyen du Tribunal civile de la juridiction, Me Ronel Gelin, persiste et signe : « Ce fut un véritable pillage impliquant tous ceux qui étaient en charge de la perquisition ». Le magistrat qui affirme avoir refusé 10.00 dollars qu’on lui avait « imprudemment » offerts soutient que, selon certains témoignages, la somme découverte avoisinerait les 32 millions de dollars


La police et la justice du Nord-Ouest fortement impliquées dans le « pillage » de plusieurs millions de dollars trouvés chez l’oncle d’un trafiquant de drogue

   Plus de 10 millions de dollars auraient été effectivement découverts lors de la perquisition au domicile de l’oncle du trafiquant de drogue Alain Désir dans la localité de Lavaud (Port-de-Paix, Nord-Ouest), le 12 novembre dernier. Les policiers, juges de paix et greffiers présents auraient fait main basse sur l’argent dont le partage va par la suite s’étendre à d’autres autorités du département et même de Port-au-Prince. Un représentant de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) aurait « passivement » assisté au pillage.

C’est ce qui ressort de la série d’interrogatoires menés sur place le 15 novembre dernier par des investigateurs portoricains oeuvrant dans ce dossier pour compte de la Drug Enforcement Agency (DEA) des Etats-Unis.

Des éléments d’un rapport relatifs à cette investigation circulent dans la presse. Interrogé par Radio Kiskeya sur l’authenticité d’un tel document, un haut responsable de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ayant requis l’anonymat a répondu qu’on pouvait y prêter foi et que des enquêteurs portoricains s’étaient effectivement transportés sur les lieux pour s’enquérir de la véracité de certaines rumeurs relatives au pillage de la somme découverte.

De nombreux policiers, des juges et d’autres membres du système judiciaire du Nord-Ouest sont largement impliqués dans le scandale, à en croire le document.

Un responsable de la police dans le Nord-Ouest cité dans le document aurait reconnu qu’une partie importante de l’argent a été distribuée au siège même du principal Commissariat de police de la ville. Un commissaire du gouvernement par intérim impliqué dans l’affaire, aurait avoué que 20.000 dollars américains avaient été mis de côté pour un des sénateurs du département clairement identifié dans le document et que deux autres cachettes du trafiquant de drogue, remplies d’argent, pouvaient être encore perquisitionnées.

Invité à coopérer sur le champ concernant la localisation de ces deux autres « cachettes », le commissaire du gouvernement a.i aurait refusé, affirmant avoir reçu des menaces de mort de son supérieur hiérarchique au Parquet, quelques minutes seulement avant de se soumettre à l’interrogatoire.

Les premiers éléments de l’enquête établissent que le doyen du Tribunal civil de Port-de-Paix, Me Ronel Gelin, n’aurait pas accepté d’empocher la somme de 10.000 dollars que lui aurait offerte le même commissaire du gouvernement par intérim.

Un commis greffier bien connu dans les milieux judiciaires du Nord-Ouest aurait lui-même révélé que, au siège du Commissariat de police de Port-de-Paix, un juge de paix qui revenait de la perquisition l’a supplié de dissimuler dans sa valise plusieurs liasses de billets verts qui le gênaient quelque peu. Le moment d’après, un policier allait « manu militari » accaparer la valise et s’emparer de l’argent.

Le délégué départemental et d’autres personnes interrogées par les policiers étrangers auraient confirmé le fait que la somme découverte a été emportée et que les 510.000 dollars déclarés et remis par la suite aux autorités n’en étaient qu’une infime partie.

« Au lieu de deux millions (2.000.000.00), c’est plutôt trente-deux millions de dollars américains (32.000.000.00) qui avaient été trouvés chez l’oncle du trafiquant de drogue Alain Désir lors de la perquisition policière », a déclaré le 18 décembre dernier le Doyen du Tribunal civil de Port-de-Paix. Me Ronel Gelin venait d’apprendre « dans la presse » la décision du Ministère de la justice de le relever de sa fonction de responsable du tribunal pour « insubordination ». Il avait en effet refusé d’obtempérer à l’ordre de rouvrir les portes du tribunal qu’il avait fermées, « officiellement » pour réclamer une enquête sur l’implication de la majorité du personnel judiciaire dans le scandale.

Le magistrat a accusé des policiers et de nombreuses autres autorités, dont le Commissaire du gouvernement de la juridiction, Me Michenet Balthazar, d’implication dans le partage de cette colossale somme de laquelle un reliquat « scandaleusement modique » a été finalement déclaré et remis aux autorités centrales. Il avait révélé que le commissaire du gouvernement avait osé lui envoyer "sa part du gâteau".

En réaction, le porte-parole de la PNH dans le Nord-Ouest, Harry Registre, a rejeté le 19 décembre les accusations contre des agents de la PNH. Il a toutefois annoncé l’ouverture d’une enquête en vue d’identifier et de sanctionner des policiers qui auraient éventuellement participé au partage du butin.


René Préval célèbre la Noël avec les enfants

Haiti's President Rene Preval (C) attends the opening session ...

   Le Président René Préval a distribué des cadeaux à des centaines d’enfants, dont des handicapés, lors d’une cérémonie organisée mercredi au Palais National (siège de la Présidence) à l’occasion de la Noël.

Dans une ambiance festive et sur un mode interactif, le chef de l’Etat a mis en relief l’importance de l’éducation dans l’épanouissement et le développement des enfants. Il a aussi estimé que les jeunes handicapés doivent pouvoir jouir pleinement des droits fondamentaux reconnus à tous les êtres humains.

M. Préval en a profité pour exprimer ses regrets face aux catastrophes naturelles successives et à l’effondrement du collège La Promesse Evangélique qui ont endeuillé des centaines de familles et emporté des tout-petits, au cours du deuxième semestre de 2008. Le Président a tout de même présenté les vœux traditionnels de joyeux Noël et bonne année à tous les haïtiens.

Il a aussi annoncé son intention de s’associer à un futur acte de reconnaissance officielle de la précieuse contribution de l’éducatrice récemment décédée, Denise Magloire Fouchard « Babou », à la formation des enfants souffrant de déficiences mentales. Préval a répondu favorablement à une proposition du secrétaire d’Etat à l’intégration des handicapés, Michel Péan, d’instituer le Prix Babou Magloire qui devra permettre de distinguer des handicapés.

Parlant de l’insécurité, le chef de l’Etat s’est réjoui des efforts considérables de la Police Nationale à l’origine de l’amélioration de la situation sécuritaire et du recul du kidnapping. Tout en soulignant qu’il n’a pas l’intention d’ignorer la persistance du phénomène, René Préval note que la PNH a obtenu des « résultats positifs » dans la gestion de deux cas d’enlèvement qui avaient récemment défrayé la chronique : ceux de Jénane Ledan et de Monique Pierre. Un satisfecit très flatteur pour les responsables de la police qui, à leur tour, ont rendu « hommage à la générosité » du Président de la république qui n’a jamais marchandé son appui au renforcement de l’institution.

Faut-il le rappeler, Mme Ledan, bien connue dans les milieux socioprofessionnels, avait été libérée le 6 décembre dernier lors d’une intervention de la PNH à Delmas 40B (est de Port-au-Prince). En revanche, le corps mutilé et troué de balles de Mme Pierre -concubine du commissaire de police écroué Ernst Dorfeuille- avait été retrouvé à ONA-Ville (banlieue nord), quelques heures après son enlèvement à son domicile, le 29 novembre dernier.

Pour cette fête de noël au Palais National, la ministre à la condition féminine, Marie-Laurence Lassègue, tenait le rôle de MC et chantait dans différentes séquences de la cérémonie.

Le Président Préval, sa ministre ainsi que le secrétaire d’Etat Péan, le directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol et le chef de la police judiciaire, Frantz Thermilus étaient tous habillés en …père noël.

L’animation musicale était assurée par l’orchestre philharmonique de Sainte Trinité et le couple Pierre Rigaud Chéry/Marie Chantale Drice


Dépôt mardi à la Chambre basse du budget 2008/2009

Le ministre de l’économie et des finances, Daniel Dorsainvil, procédera mardi au dépôt du projet de budget de l’exercice 2008/2009, a annoncé le président de la commission des finances de la Chambre des Députés, Jean Marcel Lumérant.

Le parlementaire n’était toutefois pas en mesure d’opiner sur la conception et l’orientation du budget, le texte n’ayant pas encore été mis en circulation au Parlement.

Le Député Lumérant a réitéré la volonté de la commission qu’il préside de travailler avec célérité en vue de faciliter l’adoption par l’assemblée de la nouvelle loi de finances avant le deuxième lundi de janvier, date constitutionnelle de l’ouverture de la première session ordinaire de l’année législative.

Les deux Chambres pourraient même analyser conjointement le projet de budget, a ajouté M. Lumérant avant de faire remarquer que la sérénité sera de rigueur et le texte passé au crible.

L’initiative en matière budgétaire revenant à la Chambre basse, les Députés devront se prononcer sur le document avant que le Sénat ne l’analyse à son tour.

En cas d’approbation, le nouveau budget sera effectif avec un retard de plus de trois mois sur l’année fiscale en cours ouverte depuis le 1er octobre dernier.


Affaire Monique Pierre : arrestation d’un inspecteur de police

 

L’inspecteur de police César Yvens Sully a été appréhendé samedi à Port-au-Prince, dans le cadre de l’enquête ouverte sur l’enlèvement suivi de l’assassinat le 29 novembre dernier de Mme Monique Pierre.

L’enquête aurait révélé qu’au moins deux heures avant d’être abattue de plusieurs balles, Monique Pierre était gardée dans une maison dont le locataire n’est autre que l’inspecteur de police, révèlent ces sources.

L’ordre d’arrestation a été émis par les autorités judiciaires. L’affaire est en effet à la charge du Cabinet d’instruction où deux autres suspects ont été déjà entendus en plusieurs occasions. Il s’agit du commissaire de police des Gonaïves (Artibonite, Nord), Ernst Bouquet Dorfeuille, concubin de la défunte, et de son ami Ansy Coulanges, ex-membre de l’institution policière. Les deux sont actuellement détenus au Pénitencier national.

Selon des précisions obtenues auprès de la police, l’inspecteur Sully fit partie du Swat Team, une unité spécialisée de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Transféré par la suite au Sous-Commissariat de police de Cité Soleil (vaste bidonville situé au Nord de la capitale), il devait être renvoyé de l’institution en 2003 pour « homicide volontaire ». Il allait être réintégré au sein de la police un an plus tard. Au moment où il a été appréhendé, il se trouvait une fois de plus sous le coup d’une mesure d’exclusion pour « abandon de poste », cette fois-ci.

D’autres arrestations sont en vue, a fait savoir un responsable de la police sous couvert de l’anonymat. Il a réitéré la ferme détermination de la police de faire échec aux kidnappeurs, aux trafiquants de drogue et aux bandits en général.

Lors d’un point de presse le 3 décembre dernier, la PNH avait clairement associé Monique Pierre aux milieux de la drogue.

Haïti-Gouvernement Pierre-Louis : Un bilan « catastrophique » pour les 100 premiers jours, selon des secteurs sociaux et de droits humains
 

    Des secteurs sociaux et de droits humains qualifient de « très catastrophiques » les 100 premiers jours [5 septembre - 15 décembre 2008] du gouvernement haïtien dirigé par la première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis, dans des déclarations à l’agence en ligne AlterPresse.

Investie le vendredi 5 septembre 2008, dans un contexte de désastres naturels provoqués par quatre ouragans en série qui ont balayé Haïti, l’équipe de Michèle Pierre-Louis s’était engagée à travailler pour donner des résultats.

Le nouveau gouvernement devait coûte que coûte affronter les dégâts causés par les intempéries d’août et de septembre 2008, lesquelles ont fait plus de 790 morts dans le pays.

Pour cela, un programme d’urgence de 197 millions de dollars, visant à soutenir les familles sinistrées après les désastres, a été mis en place, le 23 septembre.

Au 2 décembre 2008, plus de la moitié de ce montant, qui représente 143 millions de dollars, a été déjà décaissée.

« C’est un bilan très maigre. Les problèmes restent les mêmes et le gouvernement n’a rien fait pour améliorer les conditions socioéconomiques des masses défavorisées », estime Antonal Mortimé de la Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains (Pohdh).

Durant ses 100 premiers jours, l’équipe de Michèle Pierre-Louis devait prendre des mesures pour atténuer la misère de la population, assister les enfants en domesticité, combattre le chômage parmi les jeunes puis s’attaquer aux problèmes environnementaux.

« La population s’enlise dans l’extrême pauvreté. Les jeunes, qui représentent plus de la moitié de la population totale du pays, ne travaillent pas. Le gouvernement se montre insensible par rapport aux problèmes de la paysannerie », constate Antonal Mortimé.

C’est le même constat dressé par Guy Numa du Mouvement Démocratique et Populaire (Modep) et le professeur Camille Chalmers de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda), questionnés par AlterPresse.

« C’est tout simplement un bilan catastrophique. La hausse des prix des denrées alimentaires se poursuit à un rythme effréné et le gouvernement ne fait qu’appliquer la politique néolibérale à travers le Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (Dsncrp) », indique Guy Numa.

Directeur exécutif de la Papda, Camille Chalmers pense qu’« il est difficile d’évaluer les trois premiers mois de l’actuel gouvernement », en ce sens qu’il a été installé dans un contexte de catastrophes naturelles.

La déclaration de politique générale de la première ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis est, pour le professeur Chalmers, la continuité de celle de Jacques Edouard Alexis.

Ces programmes de gouvernement sont la pâle copie des politiques néolibérales appliquées dans le pays depuis plusieurs années, selon le dirigeant de la Papda.

« Il n’y a aucune prise de distance par rapport à ces politiques qui ne répondent pas aux revendications de la population », considère Chalmers qui note une augmentation de la pauvreté dans le pays et l’affaiblissement de l’économie paysanne.

« Avec le Dsncrp comme boussole, nous pensons qu’il est difficile pour le gouvernement de satisfaire les desiderata de la population haïtienne », juge, pour sa part, Antonal Mortimé.

Des points plus ou moins positifs

A côté de ce maigre bilan, Camille Chalmers signale quelques points positifs dans la gestion de l’équipe dirigée par Michèle Pierre-Louis durant ses 100 premiers jours.

Ce sont la lutte contre la corruption, le refus de signer les accords de partenariat économiques (Ape) avec l’Union européenne et les réponses apportées aux désastres naturels.

Le déblocage des 197 millions de dollars pour faire face à ces catastrophes était une bonne décision, selon Camille Chalmers qui affirme, cependant, ne pas disposer de données pour mesurer l’impact des programmes et projets exécutés en ce sens.

Le dirigeant altermondialiste estime que ces fonds, si insuffisants soient-ils, ont été débloqués de façon maladroite, sans tenir compte de l’ampleur des catastrophes. Les attentes des personnes vulnérables n’arrivent pas à être comblées à cause des problèmes de coordination au niveau du gouvernement.

Camille Chalmers salue également la participation du Centre national des équipements (CNE) dans le déblayage de la ville des Gonaïves (Artibonite, Nord), complètement inondée, en septembre 2008, par les pluies diluviennes provoquées par le passage de l’ouragan Hanna.

Agir sur les prix des biens essentiels

Pour le premier trimestre de 2009, le gouvernement devrait adopter des dispositions pour réduire le coût élevé de la vie, en procédant notamment à la réouverture des magasins de l’Etat.

Les responsables des secteurs sociaux et de droits humains, interrogés par AlterPresse, évoquent notamment la mise en œuvre d’actions concrètes pour divorcer d’avec les programmes d’ajustement structurel « qui ne font que conduire le pays dans une misère abjecte ».

Guy Numa du Modep exhorte le gouvernement de Michèle Pierre-Louis à profiter de la baisse des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux pour intervenir au niveau des prix des produits de première nécessité sur le marché en Haïti.

Camille Chalmers appelle, pour sa part, au renforcement de la capacité d’intervention de l’Etat et à la redéfinition d’une politique économique qui prend en compte les desiderata de la population.

Des programmes d’assistance à la population de la localité de Baie d’Orange dans le Sud-Est du pays, victime de malnutrition après la série des ouragans, devraient être mis en place au bénéfice des plus vulnérables, suggère le dirigeant de la Papda.

Antonal Mortimé conseille au gouvernement de prendre des initiatives, dans les mois à venir, en vue de garantir la sécurité alimentaire de la population, combattre l’insécurité en définissant un plan de sécurité nationale pour protéger les citoyens.

Le principal responsable de la Pohdh demande au gouvernement d’adopter des dispositions pour faire fonctionner le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire [Ndlr : dont les membres attendent d’entrer en fonction depuis 2007], rendre prioritaire la production nationale et fonctionnelles les collectivités territoriales.